LPCG n° 209 - Pour ou... pour, il faut choisir !

éditorial du n° 209

LPCG n° 209

La déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui a inspiré la constitution de la 5e République, rappelle que la liberté d’opinion est l’un des droits fondamentaux pour lutter contre la corruption des gouvernants et contre le malheur des humains. La recherche constante d’un consensus virant à l’uniformité et à la conformité n’est-elle pas plus dangereuse que l’expression des différences et la présence de contre-pouvoirs ?

Ces questions traversent l’action syndicale, que l’on cantonne trop souvent à une opposition systématique. Elles devraient aussi concerner les représentant·es de notre administration et les élu·es lors de votes favorables et unanimes dans les instances paritaires, quel que soit le sujet.

Lors du comité technique du 14 octobre, l’administration a reproché à l’ensemble des organisations syndicales leur vote contre le projet d’accueil du public en CDAS et la réorganisation de la médiathèque départementale et de ses antennes. Le signe adressé au personnel serait négatif.

Les élu·es de SUD, dûment mandaté·es par les agent·es, partagent la volonté d’amélioration de cet accueil du public et de clarification des rôles des professionnel·les. Nous aurions pu voter pour ces projets si les conditions de leur mise en œuvre étaient satisfaisantes.

D’ailleurs, nul n’est besoin de l’action syndicale pour que le signe soit vécu négativement. Outre les imprécisions sur les moyens humains nécessaires et sur les fiches de poste, dans une organisation très verticale choisie par nos dirigeant·es, le message est adressé comme une injonction, sans apparente marge de manœuvre selon des réalités territoriales pourtant différentes. Nous sommes bien éloigné·es de la recherche de l’équilibre territorial, un des piliers du projet de mandature. Comme souvent, la présentation du projet n’intègre pas de bilan. Le présupposé est que cela va marcher, même à marche forcée !

La question n’est pas « pourquoi avons-nous voté contre » mais plutôt « pourquoi n’avons-nous pas pu voter pour » ?

Pouvoir exprimer une position, qu’elle soit différente ou concordante, est un droit pour toute salarié·e et un devoir pour un syndicat. C’est aussi une richesse pour nos institutions et pour la société dans laquelle nous vivons.